rentrée 2011 : à quelle sauce seront-nous croqués ?

Le calcul pour cette rentrée est simple : 4 800 postes d’enseignants supprimés (au nom de la simple nécessité de faire des économies, c’est banal…) pour 80 000 élèves en plus : en sachant que c’est la première fois depuis 8 ans que le nombre d’élèves augmente dans le secondaire…

Affligeant : qui se soucie encore de la qualité de l’enseignement des jeunes ? Qui se soucie de savoir comment on forme les citoyens de demain ?

 

http://www.lepost.fr/article/2011/08/30/2578246_n-en-jetez-plus-la-cour-de-recreation-est-pleine.html#xtor=AL-345

communiqué de presse du Collectif de Défense de l’Education suite à l’entrevue avec le Préfet de Région (30 mars 2011)

Monsieur le Préfet du Limousin a commencé en nous rappelant que pour prendre des décisions, en matière d’éducation, il n’était pas compétent mais qu’en tant que représentant de l’État, il nous faisait l’honneur de nous recevoir dans son bureau. Il reconnaît le collectif comme interlocuteur légitime dans le dossier qui nous préoccupe. Nous commençons par lui expliquer la raison de notre présence dans son bureau : suite à l’envoi des forces de l’ordre mercredi 23 mars pour « débloquer » l’entrée du rectorat, nous avons considéré que le dialogue ayant été rompu par Monsieur le Recteur, il fallait trouver un nouvel interlocuteur. Monsieur le Préfet, par sa fonction, assume l’envoi des forces de l’ordre au rectorat. Pour lui, la première violence, c’est le blocage. Pour nous le blocage était pacifique et la première violence, c’est la violence aux personnes. Le mépris affiché vis-à-vis des élèves est aussi une violence. Monsieur le Préfet a répondu à nos inquiétudes en nous parlant de la dette publique qu’il fallait résorber. « Pourquoi l’Éducation Nationale ne participerait pas à cet effort ? La préfecture elle-même doit fonctionner avec une diminution de budget de 10 % par an. » Nous lui rappelons alors que l’Éducation Nationale est la priorité de l’État. Ce à quoi, il répond que le budget de l’Éducation est le premier budget de l’État. Nous avons posé des questions concrètes quant aux difficultés posées par les baisses de moyens pour la rentrée prochaine : Classes surchargées (30 en collège, 35 en lycée) Comment accorder du temps à chaque élève ? -temps de participation orale réduit pour chaque élève (en particulier en langue vivante) -complication de la prise en compte des difficultés de chaque élève -individualisation de l’enseignement compliqué à mettre en place Comment intégrer les élèves handicapés dans de bonnes conditions, comme le prévoit la loi de 2005 ? Comment assurer la sécurité des élèves et des personnels ? -salles de classe trop petites, issues de secours bloquées par des tables ou des chaises -organisation des travaux pratiques en sciences en classe entière, aucun dédoublement en groupe ne se fait depuis plusieurs années dans les collèges et il n’en est pas prévu pour la rentrée prochaine Suppressions de postes, multiplication des services partagés sur 2, voire3, établissements pour les enseignants Comment imaginer un plein investissement des enseignants dans des établissements où ils ne seront que quelques heures ? Comment intégrer les élèves handicapés en classe, dans de bonnes conditions, sachant que cela nécessite un temps de concertation avec les enseignants spécialisés et une adaptation des contenus et des supports d’enseignement ? Comment assurer la sécurité des élèves, dans les couloirs, dans la cour, sachant que la suppression de 62 postes d’AED (Assistant d’Éducation) est prévue ? Comment assurer la continuité de l’enseignement alors que les principaux devront faire des choix entre certaines options ? -moyens insuffisants donnés aux établissements pour l’enseignement de certaines options (exemple du latin) alors que les effectifs dépassent 30 élèves (doit-on forcer des élèves à abandonner l’option ou à aller s’inscrire dans un autre établissement ?) Ce n’est pas lorsque les élèves sont en échec scolaire, déscolarisés ou au pire désocialisés qu’il faut agir, c’est en amont. Globalement ce serait moins onéreux et surtout moins risqué. Disparition de certaines filières Comment expliquer la disparition de certaines filières ou options alors que la demande est là ? Comment concevoir un accompagnement personnalisé ainsi que des travaux personnels encadrés de qualité à… 35 élèves ? Comment accepter les regroupements des élèves des séries L, ES et S, en classe de première, en français, histoire géographie, langue vivante alors que l’épreuve du baccalauréat n’est pas la même pour tous et a lieu, pour certaines séries, en première et pour d’autres en terminale ? Comment accepter le contingentement des classes quand la demande est là ? Ceci ne contredit-il pas le droit à l’éducation pour tous dans son établissement de secteur ? Les familles s’inquiètent des coûts supplémentaires, en transport ou frais d’internat, engendrés par l’inscription de leur enfant dans un établissement éloigné. Elles savent, en outre, que le nombre de places y sera limité. Comment concevoir qu’une formation de quelques semaines puisse permettre à des enseignants d’effectuer leur travail dans des conditions acceptables pour les élèves (exemple de la réforme du bac STI2D : on demande aux enseignants de BTP, électronique, électrotechnique, mécanique d’enseigner toutes ces disciplines à partir de la rentrée 2011) ? Monsieur le Préfet nous a dit avoir visité, le 28 mars, un collège d’un quartier « défavorisé » de Limoges et qu’il avait trouvé cet établissement très bien tenu, avec une salle informatique très bien équipée, des élèves polis qui se sont levés quand il est entré dans la classe et des enseignants motivés… Il s’agit du collège Anatole France, situé en zone d’éducation prioritaire et bénéficiant de moyens supplémentaires par rapport aux autres collèges. Par exemple, l’effectif par classe ne peut y dépasser 25 élèves. Monsieur le Préfet nous conforte donc dans l’idée que si l’on y « met les moyens » il est possible de mettre en place des projets « qui marchent » et avoir des équipes éducatives solides. Monsieur le Préfet nous précise qu’en tant que plus haut représentant de l’État, donc de tous les ministres, au niveau régional, il s’engage à faire remonter nos questions et nos inquiétudes à Monsieur le ministre de l’Éducation Nationale. De plus, il s’est engagé à rencontrer Monsieur le Recteur afin qu’il renoue le dialogue avec les différents interlocuteurs. Étant donné le climat tendu, le Collectif souhaite la présence d’un médiateur lors des prochaines rencontres avec Monsieur le Recteur. Dans les jours qui viennent, le Collectif définira une liste des conditions indispensables et nécessaires pour le bon fonctionnement des établissements.

article du Monde.fr sur la désertification des services publics en Creuse, dont l’Education Nationale (28 mars 2011)

http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/03/28/dans-la-creuse-la-reduction-d-effectifs-publics-fait-craindre-un-effet-domino-sur-l-emploi_1499783_3234.html

article du Populaire du Centre (23 mars 2011)

LIMOUSIN – Onze chefs d’établissement démissionnent

Onze chefs d’établissements sur douze, tous syndiqués au syndicat national des personnels de direction de l’Education nationale (SNPDEN), viennent de démissionner des “Bassins d’éducation et de formation” (BEF) pour protester contre les restrictions budgétaires dans l’éducation.

Peu connus du grand public, les BEF sont des groupes de réflexion internes à l’Education nationale.

L’Académie de Limoges en compte six (deux en Haute-Vienne, trois en Corrèze et un en Creuse), pilotés par les inspecteurs d’académie.

Les personnels de direction des lycées et collèges y jouent un rôle prépondérant.

Les onze chefs d’établissement viennent d’adresser leur lettre de démission au recteur !

« Ce n’est pas que nous n’avons pas envie de travailler », explique le secrétaire académique du SNPDEN, Daniel Marchand, par ailleurs proviseur du lycée Renoir à Limoges.

« Mais les restrictions budgétaires sans précédent auxquelles nous sommes confrontés interdisent désormais toute discussion sereine et tout travail constructif ».

Si les BEF n’ont aucun rôle décisionnaire, on y discute répartition des options, niveaux de compétence, choix et enseignement des langues. Autant de sujets qui, dans le contexte actuel de suppressions de postes, font couler beaucoup d’encre…

Florence Clavaud-Parant

Appel à une action commune en collège et lycée le mercredi 16 mars 2011

Lettre aux parents

Communiqué de la coordination pour la défense de l’enseignement public en Creuse

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l’appel des 47 : on rend ses palmes académiques ! 17 février 2011

Ras les palmes !

paru dans Charlie hebdo, l’appel des 47

Jeudi 17 février 2011

Monsieur le Ministre, Nous, proviseurs, principaux, directeurs d’école, inspecteurs, conseillers pédagogiques, formateurs, conseillers d’orientation, professeurs des écoles, en collèges, lycées et universités, enseignants chercheurs, documentalistes, sommes fiers et heureux de servir ou d’avoir servi l’école de la République française. Le ministère de l’Éducation nationale a reconnu notre engagement, notre compétence et notre dévouement dans cette tâche en nous honorant d’une distinction dans l’ordre des Palmes académiques.

Mais nous constatons aujourd’hui, avec une infinie tristesse, que l’Éducation nationale souffre de plus en plus d’une politique où la logique comptable et la notion de rendement ont pris le pas sur toute réflexion pédagogique et sociale : depuis quelques années, l’école que nous avons aimée et construite est progressivement désorganisée, dégradée, et disparaît. Nous n’y retrouvons plus les idéaux et les valeurs que nous y avons portés. La liste des mesures qui vont contre l’école, les enfants, les étudiants et les enseignants est déjà bien longue : suppression, cette année encore, de 16 000 postes qui s’ajoutent aux 50 000 de ces trois dernières années ; suppression de la formation des enseignants (IUFM) ; suppression de la carte scolaire ; remise en cause de la scolarisation des moins de trois ans ; prime aux recteurs, etc. Accepter les Palmes académiques, c’est aussi cautionner une orientation politique : nous récusons énergiquement celle que vous mettez en place. Et aujourd’hui, notre désaccord avec la nouvelle institution devient si grand que, pour ne pas être identifiés à elle, pour ne pas nous renier, notre conscience nous conduit à accomplir le geste symbolique de vous rendre nos Palmes académiques. Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, nos salutations attristées.

Dans Charlie Hebdo du 16 février 2011, l’appel, la liste des premiers signataires et les textes de soutien officiel de Sauvons la recherche et des Désobéisseurs.

Professeurs, vous souhaitez vous aussi signer l’appel et rendre vos Palmes ? Écrivez à rendrelespalmes@yahoo.fr

Liste des premiers signataires

Michel ASCHER proviseur honoraire. Officier. Pierre HOUSEZ « Monsieur le ministre… » professeur de mathématiques et de sciences physiques en lycée professionnel à la retraite. Officier. Georges STURM « Monsieur le ministre… » professeur certifié de lettres modernes à la retraite. Chevalier. Hugues CHAP « Monsieur le ministre… » professeur des universités, praticien hospitalier, doyen honoraire de la faculté de médecine de Toulouse-Purpan. Commandeur. Jacques PITIOT proviseur à la retraite. Chevalier. Roland BRAUN directeur d’école en ZEP à la retraite. Chevalier. Yvette COTTAVOZ principale de collège à la retraite. Chevalier. Michèle LEQUARRE « Monsieur le ministre… » proviseure à la retraite. Officier. Jean-Pierre LEPRI inspecteur hors classe honoraire. Commandeur. Danièle CANTON « Monsieur le ministre… » professeure certifiée HC de sciences économiques et sociales à la retraite. Chevalier. Alain VALEAU « Monsieur le ministre… » directeur d’école à la retraite. Chevalier. Sylvie PREMISLER professeure d’histoire-géographie en collège à la retraite. Chevalier. Roger MARTIN professeur certifié de lettres modernes en collège. Chevalier. Michel VAREILLES chargé d’enseignement d’EPS à la retraite. Chevalier. Marie-Christine DIETSCH « Monsieur le ministre… » principale de collège à la retraite. Chevalier. Jean-Claude BOUTET conseiller pédagogique à la retraite. Officier. Bernard BEAUGUITTE inspecteur honoraire. Officier. Cécile LAHARIE « Monsieur le ministre… » formatrice en IUFM à la retraite. Chevalier. Marie-Jeanne HANOUT-LE MAO professeure certifiée d’allemand. Chevalier. Michèle LOOTEN institutrice à la retraite. Chevalier. Alain BUE professeur de géographie en université. Chevalier. Jean-Claude GREDT professeur agrégé d’allemand à la retraite. Officier. Georges GAYETTE « Monsieur le ministre… » conseiller d’orientation-psychologue à la retraite. Chevalier. Jean-Pierre NOUGIER « Monsieur le ministre… » maître de conférence à la retraite. Commandeur. (Grenoble) Brigitte ENGUEHARD documentaliste honoraire. Chevalier. Jeanne FINE « Monsieur le ministre… » professeure d’université en mathématiques en IUFM. Chevalier Antoine VALABREGUE professeur agrégé de mathématiques hors classe. Chevalier. Jean-Paul BOGAERT directeur de centre permanent classes nature. Officier. Éliane DONDEYNE directrice d’école maternelle à la retraite. Officier. Joël BOLE professeur de sciences économiques et sociales à la retraite. Chevalier. Guy LABOUS professeur de production mécanique en lycée professionnel à la retraite. Chevalier. Jeannette FIRMIGNAC professeure en lycée professionnel. Chevalier. Anne-Marie CARRIOT-ORIBONI technicienne photographe à la faculté de médecine. Officier. Bernard EICHHOLTZER professeur des écoles. Chevalier. Roselyne WATERLOT Rased G. Chevalier. Yvette SEREDUIK enseignante certifiée d’histoire-géographie. Chevalier. Pierre ROSSIGNOL proviseur de lycée à la retraite. Officier. Catherine BASCHET-PHILIPPE professeure documentaliste en lycée. Chevalier. Hélène LOTTHÉ-COVO professeure de lettres à la retraite. Chevalier. Serge KALINA professeur des écoles. Chevalier. Chantal ADAMCZEWSKI-REGNIER conseillère pédagogique AIS à la retraite. Chevalier. Jean-Michel MOUCAUD professeur agrégé de génie mécanique à la retraite. Chevalier. Michel ESCALIER chargé d’enseignement en EPS à la retraite. Chevalier. Renée BEULQUE institutrice d’école maternelle à la retraite. Chevalier. Jean-Marc PARAGOT formateur et responsable de la formation des enseignants spécialisés (IUFM). Chevalier. Michel ARNOULD « Monsieur le ministre… » inspecteur de l’adaptation et de l’intégration scolaires honoraire. Commandeur.

Un Conseil d’administration qui dit non ! (jeudi 17 février 2011)

Lundi 14 février se tenait le Conseil d’administration qui devait examiner le Tableau Récapitulatif des Moyens Donnés (TRMD) construit par le proviseur et les enseignants d’après la Dotation Horaire Globale (DGH).

Traduction en langage courant : nous devions nous prononcer sur la répartition des heures matière par matière, classe par classe, tout cela étant déterminé par l’ensemble des heures que le rectorat veut bien nous offrir…

Si le travail du proviseur nous a semblé respectueux des enseignants (au moins pour la rentrée 2011 parce qu’en 2012, on assistera à une nouvelle grande saignée avec des profs qui iront compléter leur service ailleurs…), la dotation horaire que l’EN nous a concédée est tout simplement cataclysmique, catastrophique, misérable, lamentable, inadmissible.

Dilemne cornélien : faut-il voter voter pour et manifester notre désaccord ? S’abstenir ? Voter contre et expliquer ?

Nous avons opté pour la dernière solution, comme bon nombre d’établissements creusois, en expliquant diplomatiquement les raisons de notre vote : le TRMD a été rejeté à la majorité, ce qui n’a pas été du goût de notre direction.

Deuxième convocation vendredi 18 février à 17 heures : cette fois, rejeter à nouveau ou boycotter risquait de nous mettre en danger car la direction aurait très bien pu proposer un TRMD qui mettrait un ou plusieurs collègues sur la voie du départ…

Nous avons donc accepté le travail du proviseur en rappelant toutefois les raisons de notre refus précedent…